Editorial
Le bilan des concours de l’année 2002...
suite et fin
Monique MERCIER
Vice-présidente de l’Ufam
Cet éditorial est destiné à vous entretenir du piano. Rien d’original, penserez-vous !
Pourtant c’est de son rôle dans la Musique de Chambre dont je désire vous parler. Spécificité qui exige l’intégration totale aux cordes ou aux vent. Ses ressources sonores, son " Legato ", doivent pouvoir s’assimiler à ceux d’une infinie variété, d’un violon ou d’une clarinette par exemple. D’instrument-roi, brillant et médiatique, il devient comme les autres, instrument de partage.
Pour cela, pas d’attaques brutales, pas de phrasé martelé, pas de pédale intempestive, qui pourraient détruire l’osmose générale, en mettant à un premier plan "non souhaité" par le compositeur, ce qui n’est que le tiers, le quart, ou le cinquième de son œuvre.
Une écoute affinée et raffinée des partenaires est absolument nécessaire. Cependant, il ne s’agit pas "d’accompagnement" (autre possibilité du piano et non des moindres) mais bien d’une association d’intérêts égaux. Rares sont les pianistes (souvent " ajoutés " à un ensemble…) qui savent jouer du " Piano-Musique de Chambre " (en passant, soulignons que mêmes les " 4 mains " ou les " 2 pianos "peuvent-être des chambristes, chaque main étant pratiquement traitée comme un instrument particulier). La notion de virtuosité gratuite s’en va, alors que la difficulté technique reste bien présente.
C’est servir la musique et non pas s’en servir, et faut-il le préciser, connaître alors les émotions les plus profondes qu’elle peut susciter. Ce ne sont plus seulement les interprètes que l’on peut applaudir, mais " l’œuvre " elle-même !